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         LES CHANTIERS EDUCATIFS

Les chantiers éducatifs ont été créés en 1991 par l’association AAVDASE, gestionnaire de la Prévention Spécialisée pour être un outil de socialisation et d’insertion au service du public 16-25 ans.

            Pas plus qu’il ne s’agit de proposer un emploi aux jeunes, il ne s’agit de mobiliser l’outil chantier au profit du quelques jeunes.

            Les chantiers éducatifs permanents sur toute l’année sont prioritairement organisés au profit des jeunes issus des quartiers d’habitat social, en rupture avec les institutions de socialisation, en voie de marginalisation  par opposition aux jeunes susceptibles de pouvoir participer aux différents dispositifs existants. D’ailleurs, seuls, les éducateurs de l’AAVDASE sont prescripteurs des jeunes postulants sur les chantiers.

            A côté de ces chantiers permanents, nous avons durant l’été des chantiers de proximité avec ADVIVO et des chantiers « arrachage de l’ambroisie ».

            La question du public visé est centrale dans la mesure où sur les chantiers d’été nous avons à faire à un public plus jeune et bien souvent scolarisé. Il s’agit là de permettre à des jeunes d’avoir une première expérience de travail et par ce support de mieux connaître les éducateurs afin de pouvoir plus rapidement les solliciter en cas de difficultés.

            Si dans les faits, nous mettons en œuvre deux types de chantiers, tant au niveau des objectifs poursuivis que de leur mode d’organisation et de gestion pour répondre à la diversité des besoins et de l’hétérogénéité des publics auxquels ils s’adressent, il n’en demeure pas moins que les chantiers éducatifs de l’AAVDASE ne peuvent entièrement se substituer aux différents dispositifs, mesures et structures d’insertion existantes. Et si bien même certains jeunes ont accès directement à l’emploi après un passage sur nos chantiers (environ 1/3 des jeunes qui effectuent un mois minimum) il semble important de dire, que ceux ceux-ci sont en amont de tous ces dispositifs. Les chantiers éducatifs de l’AAVDASE interviennent précisément là ou les différentes institutions du social sont, soit inexistantes, soit devenues inopérantes pour accompagner la constitution de repères, assurer l’interface entre les jeunes, leur milieu et la société.

            Au-delà des modes d’organisations retenues par l’AAVDASE, la question des modes de sélection des jeunes s’inscrit dans un double jeu de contraintes : celles relatives aux conditions de travail et de réalisation du chantier, les contraintes relatives à la constitution d’un groupe « viable » en quelque sorte qui supposent le plus souvent de mixer les publics en tenant compte, tant à la fois, de critères d’appartenance territoriale, de critère relatifs au niveau de d’expérience du travail, voire d’un type de travail particulier avec les exigences qui lui sont liées.
            Tous les chantiers ne peuvent être accessibles à tous les jeunes au regard notamment de leur plus ou moins grande pénibilité, du niveau d’exigences affichés par le client, tant en termes de délais de réalisation que de qualité du service rendu. Tout particulièrement, peu de chantiers paraissent spécifiquement adaptés aux jeunes filles. Même si elles peuvent bien participer à nombre de chantiers proposés, leur participation aux travaux de bûcheronnage de rivière ou de manutentions reste de fait marginale.

            Quelque soit le type de chantier, le jeune perçoit le SMIC horaire. Le risque d’utilisation des chantiers dans une perspective par trop financière, au détriment de la poursuite des objectifs d’insertion existe tant la demande des jeunes, en ce sens, est devenue pressante et va croissante avec l’évolution des situations de précarité individuelles et familiales.

            Or à l’évidence la rémunération du travail constitue un élément majeur de l’aspect éducatif des chantiers, tout autant, parce qu’elle permet aux jeunes de participer à égalité avec ceux qui ont un emploi au monde du travail et qu’elle signe la reconnaissance des efforts fournis ; parce qu’elle permet d’acquérir honnêtement une certaine autonomie financière susceptible de les détourner de la combine, des trafics et ce, quand bien même les sommes perçues peuvent parfois paraître quelque peu dérisoires, ou paraître par trop durement acquises, au regard des facilités offertes parfois par l’assistance sous toutes ses formes.  

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